Actu-Art 

 

Septembre 2003

"Le Médecin des Rues"

 

 

 

    Il aura fallu quelques degrés de plus pour redécouvrir la fragilité de l’être mais aussi de notre société de haute technologie.

    Du médecin des rues au grand marché de la santé publique, l’évolution que l’on croyait irréversible et au service de l’homme s’est brutalement écroulée.

    Les raisons sont multiples : profits et loi du marché, manque d’anticipation, abus, mais aussi perte du sens par aveuglement des précédentes causes.

    Le Médecin des rues du tableau soigne une femme. Sa nudité renvoie au dénuement. Il soigne les pauvres dans la rue, fidèle au serment d’Hypocrate : "Sur ma conscience, en présence de mes Maîtres et de mes Condisciples, je jure d’exercer la Médecine suivant les lois de la Morale et de l’Honneur et de pratiquer scrupuleusement tous mes devoirs envers les malades, mes Confrères et la Société"

    C’est sans doute sur ce même concept qu’est née la Sécurité Sociale, organe du partage du droit à la santé pour chaque citoyen, centre d’une union pour l’égalité devant la médecine.

    Une grande idée morale qui est depuis de nombreuses années tellement mal gérée et sujette à contradictions, sans doute parce qu’elle manipule des fortunes et des groupes de pression qui sont bien éloignées de son origine.

    N’assistons-nous pas à nouveau à un problème de partage des richesses, comme celui des ressources de la planète, une sorte d’isomorphisme qui apparaît dès qu’il s’agit de profits.

    « La santé n’a pas de prix », entend-on souvent. Un service public, tel celui de la santé publique, doit-il être codifié plus que partagé ? Doit-il être divisé entre privé et public ? Doit-il être rentabilisé et faire l’objet de coupes sombres souvent envers les plus faibles ?

    C’est un véritable problème de sens qui se pose à nous quand plus de 11000 personnes âgées disparaissent en période de canicule parce que le minimum n’a pu être fait. C’est ce même problème que nous rencontrons quand nous nous apercevons du manque de personnels de santé, du manque de lits, du coût des matériels, des médicaments etc…

    Dans notre société de consommation et d’individualisme, sommes-nous encore prêts à partager ?

                                            Christian Bruon